Table des matières

  1. Optimiser les sites web pour l’accessibilité
    Par Hélène Vallet – Consultante en ergonomie et accessibilité numérique

    • Prendre conscience des impacts utilisateurs
    • Les étapes de l’audit d’accessibilité
    • Les outils de surcouche : une fausse bonne idée
    • Réglementation actuelle (secteur privé et public)
  2. SEO et accessibilité : des piliers communs
    Par Rita Cuzzupi – Consultante en stratégie digitale, SEO & GEO
  3. Les images : un point de convergence
    • Du point de vue du SEO
    • Du point de vue de l’accessibilité
    • Du point de vue de l’utilisateur
    • Attribut alt, title et aria-describedby
    • Une image décorative est-elle vraiment neutre ?
  4. L’accessibilité numérique, un indispensable pour l’inclusion des personnes en situation de handicap
    Par Christine Langlais – Consultante-formatrice en accessibilité numérique & Handicap (non voyante)

    • Image web du point de vue de l’utilisateur
    • Mon point de vue sur les images décoratives
    • SEO et accessibilité
  5. Conclusion et ouverture
  6. FAQ — SEO et accessibilité web
  7. Les auteures – Infos et contacts

J’ai commencé à parler SEO et accessibilité web avec Hélène Vallet dès notre rencontre à l’occasion d’une réunion de la CPME 84. Hélène s’occupe d’ergonomie du web et d’accessibilité numérique. Elle a récemment été certifiée RGAA[i] pour les audits d’accessibilité des sites web.

Nous nous sommes revues quelques temps après pour échanger plus précisément sur nos expériences respectives concernant le web et l’accessibilité. Notre discussion a confirmé qu’il y a de nombreux points communs entre les bonnes pratiques du SEO et celles de l’accessibilité. À l’issue de notre discussion, j’ai proposé à Hélène d’écrire un article à 4 mains pour partager nos constats et les points de vigilance communs au SEO (Search Engine Optimization – Optimisation pour les moteurs de recherche) et à l’accessibilité web.

Par la suite, au cours de l’élaboration de cet article, il nous a semblé intéressant d’inviter à y contribuer également Christine Langlais, Formatrice Consultante Accessibilité numérique & Handicap, certifiée Opquast[ii] pour la qualité des projets web, doublement concernée par le sujet puisqu’elle est elle-même non voyante.

1. Optimiser les sites web pour l’accessibilité : enjeux et solutions – Par Hélène Vallet

Prendre conscience des impacts utilisateurs des problèmes d’accessibilité numérique

J’ai obtenu un Master en psychologie cognitive mention ergonomie en 2006. Je me suis toujours intéressée au fonctionnement du cerveau et à la question de l’optimisation des produits pour qu’ils soient pratiques et intuitifs pour les utilisateurs. J’ai pris peu à peu conscience du fait que les besoins des personnes handicapées sont bien souvent ignorés dans la conception des produits digitaux. Pourtant, plus d’1/4 de la population française rapporte avoir « une limitation fonctionnelle sévère »[iii] et peut donc être bloquée dans l’utilisation du numérique, par exemple d’un site web.

Partant de ce constat et souhaitant aider à faire évoluer la situation, j’ai suivi, début 2025, la formation « Auditer l’accessibilité numérique avec le RGAA » (organisme de formation : Access42). Après de longs mois à pratiquer des exercices d’audit, à essayer de comprendre les tenants et aboutissants des 106 critères du RGAA et les impacts utilisateurs des problèmes d’accessibilité numérique, j’ai obtenu ma certification.

Les étapes de l’audit d’accessibilité d’un site web

Mon travail consiste (au-delà de la sensibilisation !) à réaliser des audits d’accessibilité des sites web, qui se déroulent comme suit.

  1. Audit initial
    Il se matérialise par :
    – le test de plusieurs pages d’un site web,
    – un diagnostic pour chacun des 106 critères du RGAA (indication des erreurs soulevées)
    – et une préconisation technique pour la correction de chaque erreur.
  2. Correction
    C’est l’équipe de développeurs qui s’occupe de modifier le site web en fonction de mon audit.
  3. Contrôle et validation
    Je fais ensuite un nouvel audit “post-correctif” puis un audit de validation, qui déterminera le taux de conformité du site web.
  4. Déclaration d’accessibilité
    Je rédige enfin une déclaration d’accessibilité, qui devra figurer sur le site web.

Exemple de mauvaise pratique pour l’accessibilité web : les outils de surcouche

Je tiens à faire ici une petite précision qui me paraît essentielle : il faut impérativement éviter d’utiliser les outils de surcouche. Il s’agit de widgets JavaScript ajoutés à un site web pour tenter d’améliorer l’accessibilité automatiquement.

Exemple (à proscrire !) :

 

SEO et accessibilité web : exempe d'outil de surcouche à éviter

Ces outils ne permettent en aucun cas de rendre un site web accessible. Ils peuvent même augmenter l’inaccessibilité du site, car ils interfèrent avec les outils d’assistance qu’utilisent des personnes handicapées.[iv]

J’ai par exemple constaté dernièrement sur un site web que l’utilisation des touches du clavier “Ctrl” et “+” permettait de grossir l’affichage de la page web tout en maintenant son contenu lisible, alors que le bouton “+” de l’outil de surcouche mis à disposition grossissait l’affichage en faisant sortir des éléments de l’écran, ce qui rendait une partie du contenu complètement illisible.

Règlementation actuelle concernant l’accessibilité numérique – à titre indicatif !

AVERTISSEMENT : Nous ne sommes pas juristes ! Nous partageons ici les éléments règlementaires dont nous avons connaissance à la date de publication de cet article. Notre responsabilité ne saurait en aucun cas être engagée en cas d’inexactitude, d’évolution législative postérieure à la date de publication ou d’interprétation des textes mentionnés. Pour toute question juridique, nous vous recommandons de consulter un professionnel du droit.

Secteur privé

Depuis juin 2025, la transposition dans la loi française d’une directive européenne, l’European Accessibility Act (EAA), impose à une partie des entreprises de créer des outils digitaux accessibles[v].

Cela concerne notamment les entreprises (entre autres de e-commerce) :

  • qui vendent des produits ou services au sein de l’Union Européenne (B2C),
  • qui ont 10 salariés ou plus,
  • et/ou génèrent plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel (ou qui ont un bilan de plus de 2 millions d’euros).

Les sanctions encourues (renouvelables tous les 6 mois) sont importantes :

  • 25 000 € par infraction constatée,
  • Contraventions de 5e classe, soit 7 500 €, et 15 000 € en cas de récidive,
  • Astreinte jusqu’à 3 000 € par jour (avec un total ne pouvant dépasser 300 000 €),
  • Actions en justice de la part des utilisateurs lésés,
  • Possible confiscation du service.

Secteur public

Pour le secteur public, l’obligation de rendre accessibles les services de communication au public en ligne date de 2005… [vi]

Les sanctions encourues (renouvelables tous les 6 mois) sont là aussi importantes :

  • 2 000 € pour les communes de moins de 5000 habitants par infraction constatée,
  • 25 000 € pour les autres entités concernées par infraction constatée.
  • Et depuis 2025 : 25000 € supplémentaires pour absence des mentions et publications obligatoires sur le site web.

Il faut savoir que depuis 2025, l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) permet de dénoncer le manque d’accessibilité d’un site web, et utilise l’IA pour déceler leur non-conformité.[vii]

2. SEO et accessibilité : des piliers communs – Par Rita Cuzzupi

N.B. : Vous trouverez de nombreux articles sur le SEO et le référencement sur notre Blog.

Je suis spécialisée depuis de nombreuses années dans le SEO, c’est-à-dire l’optimisation des sites web pour les moteurs de recherche, et son évolution, le GEO, liée à l’utilisation croissante des IA pour réaliser les recherches.

Avec le recul, je constate que les piliers restent les mêmes depuis longtemps.

Pour moi, l’accessibilité a toujours fait partie des enjeux du SEO, au même titre que le responsive design.

Lorsque Google a adopté le mobile first comme critère déterminant du ranking, les sites responsive ont pris une avance nette en référencement naturel, y compris sur desktop.

Je pense que l’accessibilité suit la même trajectoire. Elle constitue déjà un critère SEO, même s’il est parfois considéré comme secondaire.

J’aime à dire que ce qui est bon pour l’utilisateur est bon également pour le SEO. Les éclairages d’Hélène sur les critères d’accessibilité permettent de dire aussi que quand c’est bon pour TOUS les utilisateurs (donc accessible), c’est encore mieux pour le SEO.

D’après Hélène Vallet, un site web accessible est un site dont la structure est conçue de façon ergonomique, logique. Cela se matérialise notamment par un plan de site clair, une navigation fluide, des titres balisés correctement.

Exemple concret : les intitulés de liens. Un lien rédigé “cliquez ici” ne transporte aucune information pour un lecteur d’écran, ni pour Google. Un lien explicite comme “consulter notre guide sur l’accessibilité web” est compréhensible hors contexte, utile pour l’utilisateur, et porteur de sens sémantique pour les moteurs de recherche.

Ainsi, d’après une étude menée par SEMrush, en partenariat avec AccessibilityChecker.org et BuiltWith, l’accessibilité est un puissant levier SEO (+ 23 % de trafic organique pour les sites accessibles).[viii]

3. Les images : un point de convergence entre SEO et accessibilité web

L’optimisation des images web : SEO, accessibilité et expérience utilisateur.

Les images web du point de vue du SEO – Par Rita Cuzzupi

Depuis toujours, j’attire l’attention sur l’importance de soigner les balises liées aux images. Elles peuvent être déterminantes pour le positionnement dans Google Images, notamment lorsque la requête cible est très concurrentielle.

Pour des recherches de produits tels que « baskets rouges » ou « canapé bleu »…, les utilisateurs passent souvent par l’onglet Images du moteur de recherche. Et des images bien optimisées et bien décrites dans le code html peuvent arriver en tête des résultats même sur des recherches très concurrentielles, parfois devant des sites bien plus importants.

Bien documenter les balises, en particulier l’attribut ALT (texte alternatif) permet donc d’améliorer le référencement naturel via les images, et par extension celui du site. C’est le texte de cet attribut qui est lu par Google et par les outils d’assistance à la lecture pour les personnes en situation de handicap. De multiples images avec un attribut ALT non renseignée, c’est une anomalie SEO et un vrai frein pour l’accessibilité. C’est dire l’importance de cette balise, véritable levier de performance.

Les images web du point de vue de l’accessibilité – Par Hélène Vallet

Imaginez que vous êtes déficient(e) visuel(le) et que vous visitez un site web via un lecteur d’écran qui va vous informer de son contenu sous forme audio.

Lorsque vous arrivez au niveau du logo représenté, le lecteur d’écran indique « 463 millions 618 milles 282 3856956127908753_2939107064568769929n ».

Ceci est un exemple réel. Non seulement cette série de caractères n’apporte aucune information à l’utilisateur ; mais de plus, cela rend la compréhension globale compliquée et risque d’inciter l’utilisateur à quitter le site.

De plus, ce logo sera effectivement mal référencé : Google lit l’attribut « alt » pour indexer les images, et une chaîne de caractères sans signification ne lui apporte aucun signal utile.

Les images web du point de vue de l’utilisateur – Par Christine Langlais

Voir plus loin L’accessibilité numérique, un indispensable pour l’inclusion des personnes en situation de handicap, par Christine Langlais, consultante en accessibilité web, non voyante depuis 20 ans.

Attribut alt, title et aria-describedby : quelles différences ? – Par Rita Cuzzupi

Pour le SEO, l’attribut alt est le plus important. Il s’affiche si l’image ne se charge pas et est lu par les lecteurs d’écran. Google est capable de le lire, contrairement au contenu visuel lui-même.

Pendant longtemps, je renseignais le même texte dans alt, title et dans le champ description de mon outil CMS (WordPress le plus souvent).

Puis je me suis interrogée : est-il pertinent de renseigner ces différents attributs avec le même contenu ? Faut-il différencier leur rôle ?

La règle de base veut qu’une image décorative ne soit pas renseignée, et qu’une image porteuse de sens le soit.

Dans une logique SEO, j’aurais tendance à utiliser l’attribut alt pour soutenir la requête cible, et le champ description du CMS pour une formulation plus objective.

Hélène précise que, dans l’exemple cité précédemment (image logo), le code html indique : alt= “463618282_3856956127908753_2939107064568769929_n”. Si l’on considère que ce logo contient des informations importantes (identité de l’entreprise…), alors l’attribut alt doit être renseigné avec des éléments essentiels. Par exemple, dans ce cas : alt=”Représentation d’un chien, d’un chat et d’un lapin, entourés de mains et d’un ciseau et d’un peigne”. Est-ce que vous devinez maintenant de quel type d’entreprise il s’agit ?

Un attribut alt rédigé avec soin, qui décrit précisément le contenu de l’image, est un signal direct pour Google. Il contribue au positionnement dans Google Images, mais aussi, indirectement, à la pertinence thématique de la page.

Dans cet exemple, passer d’une chaîne de caractères illisible à “Représentation d’un chien, d’un chat et d’un lapin, entourés de mains et d’un ciseau et d’un peigne” permet au moteur d’associer l’image au champ lexical du toilettage animal. C’est concret, indexable et utile pour les deux cibles : humaine et algorithmique.

L’attribut alt est donc une alternative à une image porteuse d’informations. Hélène indique qu’il existe d’autres alternatives possibles : aria-labelledby, aria-label, et title. Attention toutefois au fait que l’attribut title sera lu dans tous les cas. Cela signifie qu’en présence d’un attribut alt et d’un attribut title, les 2 alternatives seront lues successivement, ce qui peut alourdir la lecture du site pour l’utilisateur.

Dans le cas d’une image complexe (ex. : image indiquant des pourcentages et du texte), elle doit contenir un attribut alt mais également une description détaillée (ex : « Tant de % d’hommes de plus de 15 ans ont tel handicap, tant de % de femmes de plus de 15 ans ont tel handicap », etc.). Cette description peut être adjacente à l’image, ou mise à disposition en cliquant sur un bouton ou un lien adjacent à l’image.

Une image décorative est-elle vraiment neutre ? – Par Rita Cuzzupi

Avec mon background artistique et culturel, je peine à considérer qu’une image puisse être totalement décorative, la plupart du temps.

Exemple : Il m’est arrivé sur un site web pour un client éditeur de logiciels, d’illustrer la rapidité d’un programme informatique par des images de Formule 1. Ces images ne décrivent pas le logiciel, mais elles suggèrent la vitesse et la performance.

Peut-on les ignorer sans appauvrir l’expérience d’un utilisateur déficient visuel ?

Hélène rappelle que la question se pose aussi sur les réseaux sociaux. Ne pas renseigner de texte alternatif sur une image, même décorative, présente un risque : la plateforme va en générer un automatiquement, souvent sous la forme “Cette publication ne comporte pas de texte alternatif.” Une personne aveugle ne peut alors pas distinguer un oubli d’un choix délibéré. Par précaution, mieux vaut renseigner systématiquement l’alternative textuelle.[ix]

Notons d’ailleurs que les IA sont parfois incapables d’indiquer les éléments réellement porteurs d’information d’une image et ne seront donc pas pertinentes pour déterminer ce que doit contenir l’attribut alt. C’est toute la différence sémiologique entre la dénotation et la connotation.

Voir aussi notre article L’accessibilité sur les réseaux sociaux : un facteur d’inclusion et de performance.

Sur ce point, ma sensibilité artistique rejoint celle d’Hélène. Si je reprends mon exemple cité plus haut, une image de Formule 1 utilisée pour évoquer la rapidité d’un logiciel n’est pas neutre : elle transporte une intention, une ambiance. L’ignorer, c’est appauvrir l’expérience pour une partie des utilisateurs.

Voir aussi plus loin L’accessibilité numérique, un indispensable pour l’inclusion des personnes en situation de handicap, par Christine Langlais, consultante en accessibilité web, non voyante depuis 20 ans.

 

Le point de vue de Christine Langlais, consultante en accessibilité web, non voyante depuis 20 ans.

4. L’accessibilité numérique, un indispensable pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

Je suis Christine Langlais, consultante et formatrice sur des sujets d’accessibilité numérique et de handicap, à destination des étudiants et des professionnels. J’ai créé Oveha Experience en 2021 pour participer à l’inclusion des personnes en situation de handicap. Je réalise des audits RGAA (Référentiel Général d’Améliorations de l’Accessibilité) et des formations sur les fondamentaux en accessibilité numérique. Je me suis formée en HTML et CSS et chez Koena pour auditer des sites et applications web. Récemment, j’ai élargi mon expertise dans le numérique avec la certification Opquast «Mobiliser un référentiel qualité numérique ».

J’ai une expérience personnelle du handicap, devenue aveugle il y a plus de 20 ans, suite à un accident de voiture. J’utilise au quotidien un lecteur d’écran ; c’est un logiciel d’assistance qui interprète l’information transmise par le navigateur à partir du DOM (Document Object Model) et qui la restitue sous forme vocale ou tactile (braille). Si le site web est bien conçu, développé et rédigé, je peux percevoir et comprendre l’information, naviguer, interagir et contribuer sur le site, sur un pied d’égalité avec les autres.

Image web du point de vue de l’utilisateur

Lorsqu’une image est informative, c’est-à-dire qu’elle porte dans le contexte une information indispensable à la pleine compréhension, et que cette information n’est pas disponible ailleurs que dans cette image, dans le texte adjacent en particulier, alors il faut absolument que mon lecteur d’écran puisse récupérer cette information à travers l’image . C’est le contenu pertinent de l’attribut approprié (alt, title, aria-label ou aria-labelledby) qui va me donner ce contenu accessible. Et c’est parfois très bloquant quand on n’a pas ce contenu. Par exemple, j’ai déjà rencontré dans une page contact une impossibilité de contacter par téléphone ou par e-mail car ces informations étaient dans une image sans alternative textuelle. Ce problème se rencontre régulièrement pour des images liens sans intitulé accessible, des images logos sans alternative textuelle dans le chapitre «Nos partenaires », des corps de mail sans aucune information car celle-ci est intégralement contenue dans une image sans alternative textuelle, etc.

Mon point de vue sur les images décoratives

Du point de vue de la conformité, il est clair qu’actuellement il faut ignorer les images décoratives.

D’un point de vue personnel, il ne me déplairait pas d’avoir quelques images décoratives décrites succinctement. En effet, je m’intéresse à l’esthétique du site, pour de l’émotion, de la légèreté, pour être inspirée et au-delà des images, je souhaiterais aussi connaître les couleurs dominantes employées sur le site. Je suis une « ancienne bien voyante » et c’est peut-être aussi pour cela.

Sur les réseaux sociaux, la règle est de toujours décrire l’image, que celle-ci soit décorative ou informative. Que c’est triste en effet de lire dans le post « Aucune alternative textuelle pour cette image » ! Je me sens exclue même si je sais que ce n’est pas l’intention du producteur de contenu mais que c’est dû à sa négligence ou son ignorance sur le sujet.

SEO et accessibilité

C’est clair qu’il ne faut pas détourner les règles d’accessibilité pour faire du SEO, cela ne marchera pas. Une autre preuve du lien SEO et accessibilité : en filtrant les règles Opquast avec le mot clef « SEO », je trouve 37 règles et parmi celles-ci 23 contiennent aussi le mot clef « accessibilité » dont 4 ont un lien avec les images.[x]

5. Conclusion et ouverture

Nos approches sont complémentaires et ce n’est pas un hasard. SEO et accessibilité web partagent la même ambition fondamentale : rendre le web lisible. Par les moteurs de recherche, par les IA, et surtout par les humains. Par tous les humains.

Ces notions sont primordiales pour permettre à la fois une meilleure utilisation et une meilleure visibilité des sites web.

Un site accessible est souvent un site bien optimisé pour le SEO. Mais l’inverse n’est pas vrai : un site bien référencé n’est pas forcément accessible.

C’est cette dimension humaine qui est au cœur de notre démarche, à Hélène et à moi. Et c’est certainement pour cela que nous avons sympathisé. Nous avons souhaité enrichir cet article du regard de Christine Langlais, consultante en accessibilité web et personne non voyante, parce que parler d’accessibilité sans intégrer une voix d’usage, ce serait risquer de passer à côté de l’essentiel (voir plus bas L’accessibilité numérique, un indispensable pour l’inclusion des personnes en situation de handicap, par Christine Langlais)

Si vous avez un site web ou un projet de site web, je vous invite à vous poser cette question : souhaitez-vous qu’il soit vu, ou qu’il soit compris ?

Question bonus : à l’heure où la communication inclusive est sur toutes les lèvres, qu’est-ce qu’un site web inclusif, vraiment ? Suggestion : peut-être tout simplement un site conçu pour n’exclure personne. Une démarche véritablement vertueuse ne repose pas sur une posture polémique, mais sur une intention : celle de créer du lien.

Vous souhaitez auditer votre site sous l’angle SEO et accessibilité ? Contactez-nous.

6. FAQ – Questions fréquentes sur le SEO et l’accessibilité des sites web

Mon site est bien référencé. Est-il forcément accessible ?

Non. Un bon référencement naturel ne garantit pas l’accessibilité. Les deux disciplines partagent des bonnes pratiques communes, mais un site peut être bien positionné sur Google tout en étant inutilisable pour une personne déficiente visuelle ou motrice.

Mon entreprise est-elle concernée par l'obligation d'accessibilité ?

Si vous vendez des produits ou services en B2C au sein de l’UE, avec 10 salariés ou plus et/ou plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, vous êtes concerné depuis juin 2025. Les sanctions sont renouvelables tous les 6 mois et peuvent atteindre 25 000 € par infraction constatée.

Qu'est-ce qu'un audit d'accessibilité concrètement ?

C’est le test de plusieurs pages de votre site sur 106 critères définis par le RGAA, suivi d’un rapport de préconisations techniques remis à vos développeurs. Il débouche sur une déclaration d’accessibilité obligatoire à publier sur votre site.

Améliorer l'accessibilité d'un site web a-t-il un impact mesurable sur le trafic ?

Oui. L’accessibilité améliore la structure du site, la qualité du balisage et la lisibilité du contenu – autant de signaux positifs pour Google. D’après une étude SEMrush / AccessibilityChecker.org portant sur 10 000 sites web, les sites accessibles enregistrent en moyenne 23% de trafic organique supplémentaire, se positionnent sur 27% de mots-clés de plus, et affichent un score d’autorité 19% plus élevé.[xi]

Par où commencer pour améliorer le SEO et l'accessibilité du site web de mon entreprise ?

Pour améliorer le SEO et l’accessibilité d’un site web, le plus efficace est généralement de commencer par un audit à plusieurs dimensions. Il permet d’identifier les anomalies prioritaires côté accessibilité et SEO, et de définir un plan d’action réaliste selon vos ressources et vos obligations légales.

7. Les auteures – Infos et contacts

Christine Langlais, Rita Cuzzupi, Hélène Vallet

De gauche à droite : Christine Langlais, Rita Cuzzupi, Hélène Vallet. Rencontre à Cavaillon (84) autour de l’accessibilité numérique et du SEO.

Christine Langlais

Oveha Experience – Ouvrir ses horizons avec le handicap
Conseil Formation Audit – Accessibilité numérique & Handicap 

Certifiée Opquast « Mobiliser un Référentiel Qualité Numérique » (certification disponible sur ce lien)

christine@oveha.fr
06 85 93 30 59
https://www.linkedin.com/in/christine-langlais-98a1608b/

Rita Cuzzupi

Fondatrice d’Opus Numerica
Consultante en stratégie digitale, SEO & GEO

Spécialisée en référencement naturel, visibilité IA et marketing digital. Prône des usages éthiques du numérique. Enseignante vacataire à l’IUT Avignon Université (BUT Techniques de Commercialisation).

Contacter Rita Cuzzupi
www.opus-numerica.com
https://linkedin.com/in/ritacuzzupi

Hélène Vallet

UX Design 13
Audit & Conseil en ergonomie et accessibilité numérique.

Certifiée “Auditer l’accessibilité numérique avec le RGAA” (certification disponible sur demande).

uxdesign13@yahoo.com
06 87 97 57 35 
https://www.linkedin.com/in/helene-vallet/

 

[i] RGAA : Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité - méthode technique française d’application de la norme européenne EN 301-549 : https://accessibilite.numerique.gouv.fr/

[ii] Opquast : https://www.opquast.com/

[iii] Plus d’1/4 de la population française rapporte avoir “une limitation fonctionnelle sévère” (source : https://www.handicap.gouv.fr/publication-drees-le-handicap-en-chiffres-edition-2024)

[iv] Outils de surcouche et outils d’assistance utilisés par les personnes handicapées : https://design.numerique.gouv.fr/articles/2023-12-18-outils-de-surcouche-et-conformite-rgaa/

[v] Loi du 9 mars 2023 chargée de transposer l’acte législatif européen sur l’accessibilité : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32019L0882

[vi] Obligation d’accessibilité pour le secteur public : article 47 de la loi n°2005-102 du 11 février 2005.

[vii] Depuis 2025, l’ARCOM permet de dénoncer le manque d’accessibilité d’un site web, et utilise l’IA pour déceler leur non-conformité : https://www.arcom.fr/signaler-ou-alerter/probleme-accessibilite

[viii] L’accessibilité est un puissant levier SEO. Source : https://www.semrush.com/news/420048-study-why-accessibility-matters-more-than-ever-for-seo-performance/

[ix] Ressources complémentaires sur le texte alternatif sur les réseaux sociaux : Dispositions communes aux divers réseaux sociaux – association Valentin Haüy | Writing Image Descriptions – Accessible Social. Source : https://ideance.net/blog/4602/idees-recues-a11y/#ice-post-title-2

[x] Règles Opquast incluant le mot-clé « SEO « : https://checklists.opquast.com/fr/qualite-numerique/?tag=seo

[xi] Source : « [Study] Why Accessibility Matters More Than Ever for SEO Performance » - https://www.semrush.com/news/420048-study-why-accessibility-matters-more-than-ever-for-seo-performance/

Pour aller plus loin